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Évolution et caractéristiques de la consommation de fromages en France

Mercredi 06 mai 2009

Mme P. Hebel

Le fromage occupe une place de choix dans la culture alimentaire des Français. Mais avec l’évolution des comportements alimentaires axée de plus en plus sur les restrictions, l’image du fromage tend à être ternie par certaines idées reçues… Le fromage fait-il grossir ? Faut-il en manger moins ? Ces idées reçues sont-elles fondées ? Et qu’en est-il aujourd’hui de la place du fromage sur les tables françaises ? Découvrez la réalité des comportements des Français vis-à-vis de la consommation de fromages avec les résultats de l’enquête CCAF (Comportements et Consommations Alimentaires en France) de 2007.

 
 

1. Près des 2/3 de la population française consomment moins de 3  produits laitiers par jour

En 2007, 64 % des adultes et 68% des enfants consomment moins des 3 produits laitiers par jour recommandés par le PNNS (Programme National Nutrition santé) (fig. 1).
Selon l’ENNS 2006 (Étude Nationale Nutrition Santé), une forte proportion de la population française (environ 40 % des 12-14 ans et 50 % des femmes de 55-74 ans) a d’ailleurs des apports en calcium inférieurs aux 2/3 des apports nutritionnels conseillés (ANC).


Fig. 1 : Structure de la population selon le nombre de produits laitiers consommés. Source : enquête CCAF 2007

 

2. La consommation de fromages est en baisse depuis 1999

La consommation moyenne de fromages a diminué au cours du temps avec une baisse de 15 % entre 2004 et 2007, tant chez les enfants que chez les adultes (fig. 2).
Aujourd’hui, les adultes en consomment environ 34 g par jour.

En revanche, sans changement depuis 2004, les fromages sont consommés principalement pendant les repas (déjeuner et dîner) et au domicile.


Fig. 2 : Évolution de la consommation de fromages en g/j. Source : enquêtes INCA1 1999, CCAF 2004 et CCAF 2007

 

3. Le fromage contribue aux apports nutritionnels conseillés

Le fromage apporte de nombreux nutriments, à la fois chez les adultes et les enfants. Plus spécifiquement, le fromage contribue à :

  • 21 % des apports en calcium chez les adultes (1er contributeur) ;
  • et à 11 % des apports en calcium chez les enfants (3e après le lait et l’ultra-frais laitier).

L’apport moyen de calcium est significativement plus important chez les adultes consommateurs de fromages (803 mg/j) que chez les non consommateurs (630 mg/j).

 

4. Il n’y a pas de lien statistique entre la consommation du fromage (exprimée en pourcentage de l’apport énergétique sans alcool) et les classes d’IMC

À la question, le fromage fait-il grossir ? La réponse est non si l’on respecte des quantités raisonnées. Selon les résultats de l’étude, il n’existe pas de lien statistique entre la consommation de fromage (exprimée en pourcentage de l’apport énergétique sans alcool) et les classes d’IMC. Un IMC élevé semble lié en fait à des apports alimentaires totaux (ensemble des aliments et boissons ingérés) plus importants.

 

5. Le fromage est un marqueur d’une alimentation diversifiée

L’indice de diversité alimentaire2 croît avec la consommation de fromages : il passe de 9,4 chez les adultes non consommateurs de fromages à 11,6 chez ceux qui en consomment (p < 0,001).

 

Conclusion

Alors qu’une forte proportion de la population française a des apports en calcium inférieurs aux 2/3 des ANC et que les 2/3 de la population n’atteignent pas le repère de consommation des trois produits laitiers par jour, on observe également une baisse de la consommation des fromages. Les fromages sont pourtant une source de nombreux nutriments (et en particulier de calcium), s’inscrivant parfaitement dans l’équilibre alimentaire.

 

1 INCA : International Nutrition Consultant Association.
2 L’indice de diversité est un score qui varie de 0 (diversité nulle) à 15 (diversité forte). Il se calcule en prenant en compte la fréquence de consommation de 5 catégories d’aliments (viandes-poissons-oeufs, produits laitiers, céréales, fruits frais, légumes frais) pendant 3 jours consécutifs de la semaine.


D’après l’article de P. Hebel* paru dans Réalités en Nutrition (N°16 – Février 2009)
* Directrice du Département Consommation CREDOC, Paris.


Téléchargez l’article paru dans Réalités en Nutrition

Mise à jour 07/05/2009