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La prise en charge nutritionnelle du syndrome métabolique
Mercredi 01 octobre 2008
Pr P. Valensi
Le syndrome métabolique, entité médicalement reconnue malgré encore un certain flou quant à sa définition exacte, correspond à un ensemble de critères qui, lorsqu’ils sont présents chez un patient, augmente considérablement le risque de développer à court ou moyen terme soit un diabète, soit une pathologie cardio-vasculaire.
Définition du syndrome métabolique
Le syndrome métabolique se définit à partir de critères cliniques et métaboliques. Un syndrome métabolique est diagnostiqué lorsqu’un patient présente 3 critères (au-delà des limites retenues) parmi les 5 critères définis dans le tableau ci-dessous.
Définitions du syndrome métabolique : les critères du NCEP-ATP III et de l’IDF

Les risques liés au syndrome métabolique
Le syndrome métabolique est un facteur de risque à part entière à court et moyen terme.
- Il prédispose à un risque cardio-vasculaire en augmentant fortement la morbi-mortalité cardio-vasculaire.
- Il prédispose à un risque de diabète en multipliant par 7 le risque de survenue du diabète.
- Il augmente le risque de mortalité de toutes causes.
- Il s’accompagne également d’un risque accru de microalbuminurie.
Le syndrome métabolique doit être considéré, pour le risque de diabète, indépendamment des facteurs classiques représentés par :
- l’hérédité diabétique,
- l’obésité,
- un antécédent, pour une femme, de diabète gestationnel ou d’enfant de poids de naissance > 4 kg.
Pour le risque cardio-vasculaire, le risque lié au syndrome métabolique s’ajoute à celui lié aux facteurs classiques : tabagisme, hypertension artérielle, taux élevé de LDL- cholestérol, antécédents familiaux d’accidents cardio-vasculaires précoces.
Objectifs et principes de la prise en charge du syndrome métabolique
La prise en charge du syndrome métabolique est essentiellement hygiéno-diététique. Elle a pour objectif :
- d’une part, d’obtenir une perte de 5 à 10 % du poids corporel,
- et d’autre part, d’augmenter l’activité physique afin de réduire la résistance à l’insuline.
La mise en place de ces mesures doit permettre de limiter le recours aux médicaments hypolipémiants, anti-hypertenseurs voire anti-diabétiques.
Quelle alimentation proposer ?
De l’équilibre alimentaire à une réduction énergétique ne devant pas dépasser 20 à 30% des AET, il faut accompagner le patient dans cette démarche.
- La part protéique est généralement inchangée par rapport à une alimentation équilibrée et se situe entre 10 et 20 % des apports énergétiques.
- L’apport lipidique ne doit pas dépasser 30 % de l’apport énergétique total.
- Moins d’acides gras saturés (charcuterie, plats cuisinés, viandes grasses, beurre, pâtisseries).
- Les apports en acides gras monoinsaturés seront de l’ordre de 20 % de l’apport énergétique total.
- Quant aux acides gras polyinsaturés, ceux de la série oméga 3 ont un potentiel protecteur cardio-vasculaire qui revêt un intérêt majeur dans le syndrome métabolique, or ils sont généralement sous-consommés.
- Une alimentation riche en fruits et légumes contribue à apporter des fibres, vitamines, minéraux et oligo-éléments ; les fibres solubles réduisent la glycémie post-prandiale, abaissent le taux de LDL-cholestérol et améliorent la sensibilité à l’insuline.
- Il y a lieu de limiter la consommation d’alcool en cas d’hypertriglycéridémie
- Les apports en sel devront être contrôlés en cas d’hypertension artérielle.
La place des produits laitiers
Plusieurs études épidémiologiques suggèrent que la consommation de produits laitiers joue un rôle bénéfique dans la prévention du syndrome métabolique.
- Diminution du risque de syndrome métabolique avec un produit laitier. Dans l’étude Française « DESIR », la consommation d’au moins une portion de produit laitier est associée à une diminution de risque de syndrome métabolique de 40 %.
- Diminution du risque proportionnel au nombre de rations de produits laitiers. Elle va dans le même sens que l’étude américaine qui a montré que le risque d’avoir un syndrome métabolique était réduit de 72 % chez les plus forts consommateurs de produits laitiers (5 portions et plus).
- Les produits laitiers sont plus bénéfiques que les supplémentations. Une étude d’intervention a comparé chez des obèses, les effets d’un régime hypocalorique associé soit à de faibles apports calciques (500 mg), soit à un apport élevé (1300 mg) sous forme de supplémentation ou bien sous forme de produits laitiers. Conclusion, la perte de poids et la réduction de tour de taille les plus importantes sont survenues dans le groupe qui consommait des produits laitiers.
En conclusion
Les mesures hygiéno-diététiques sont d’un intérêt majeur dans la régression du syndrome métabolique. Leur efficacité se mesure sur une amélioration de la sensibilité à l’insuline accompagnant la réduction pondérale. Bien que nécessitant des investigations complémentaires, il semble que les produits laitiers puissent contribuer, en s’intégrant dans le cadre d’une alimentation équilibrée : pas trop énergétique, pas trop grasse, pas trop salée ni sucrée, mais riches en fruits et légumes, produits céréaliers et poisson, à prévenir le syndrome métabolique. La consommation de trois produits laitiers par jour doit être respectée.
Modifications diététiques souhaitables selon les composantes du syndrome métabolique

D’après l’article de P. Valensi* paru dans Réalités en Nutrition (N° 13 – Octobre 2008)
* Service d’Endocrinologie-Diabétologie-Nutrition,
Hôpital Jean Verdier – AP-HP - Université Paris-Nord-Bondy
Téléchargez l’article paru dans Réalités en Nutrition
Cas clinique
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