La veille scientifique
La recherche sur les acides gras saturés s’éloigne du simplisme
En France, les apports nutritionnels conseillés (ANC) en lipides - et en particulier en acides gras saturés (AGS) - ont été revus à la hausse l’an dernier. Avec un message prônant bien évidemment modération, équilibre et variété.
Au niveau mondial, un panel d’experts tire quant à lui la sonnette d’alarme : « s’il ne faut pas manger trop gras, attention aux substitutions qui s’opèrent dans l’alimentation ! » Ainsi, dans bon nombre de pays, à force de faire la chasse aux saturés, on les a remplacés par des glucides ou encore par des acides gras monoinsaturés ! Avec un résultat nul au niveau cardiovasculaire et avec des effets secondaires pas forcément attendus (notamment sur le poids).
Pour les experts aujourd’hui, l’action des aliments sur le risque cardiovasculaire ne saurait être jugée en fonction de leur seule teneur en AGS ! Les AGS ont des propriétés très diverses et les aliments qui en contiennent apportent bien d’autres composants qui peuvent interagir. La diabolisation des AGS s’efface peu à peu devant les avancées scientifiques…
Arne Astrup, Jørn Dyerberg, Peter Elwood et al. (2011) The role of reducing intakes of saturated fat in the prevention of cardiovascular disease: where does the evidence stand in 2010?, The American Journal of Clinical Nutrition, in press
